Rénovation énergétique des logements

Le secteur du bâtiment est le troisième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre derrière le secteur des transports et l’agriculture. En 2023, il était responsable à lui seul de 18 % des émissions de gaz à effet de serre et d’environ 47 % de la consommation d’énergie finale selon le Secrétariat Général à la Planification Écologique. Face à ces enjeux, la rénovation énergétique des bâtiments s’impose pour atteindre les objectifs climatiques de la France.

Rénover les logements pour baisser les consommations et les factures d’énergie

La France compte plus de 5 millions de logements considérés comme passoires énergétiques (c’est à dire classés F ou G au diagnostic de performance énergétique – DPE). La rénovation énergétique est la seule réponse efficace aux défis sociaux, énergétiques, climatiques et sanitaires du secteur du logement. En effet, elle permet de réduire par 4 voire par 8 les consommations d’énergie des logements énergivores, de réduire le montant des factures, d’éliminer moisissures et humidité, d’améliorer le confort thermique été comme hiver et la santé physique et psychologique des habitants et habitantes.

Les particuliers sont de plus en plus nombreux à se lancer dans la rénovation énergétique globale de leur logement. Selon un sondage Ifop de mars 2026, 83% des Françaises et des Français considèrent la rénovation énergétique des logements comme prioritaire pour réduire la consommation d’énergie. Pour cela, ces personnes ont besoin d’être bien accompagnées et conseillées dans leurs projets et de pouvoir avoir accès à des aides adaptées aux besoins.

Quelques chiffres sur la rénovation énergétique

12 millions

de personnes sont en situation de précarité énergétique.

1 logement sur 8

est une passoire thermique en France.

Accompagner les plus vulnérables vers la rénovation énergétique globale

Pour rénover efficacement les logements, la rénovation énergétique globale d’un logement est l’approche la plus performante. Une rénovation énergétique globale prend en compte l’isolation des sols, des murs, de la toiture, le changement de menuiseries, la ventilation, et le changement de système de chauffage. À l’inverse, réaliser un seul geste de travaux ne permet pas toujours de constater une réelle amélioration de la température intérieure du logement ou de le rendre plus sain, ou encore de baisser les consommations d’énergie et donc les factures.

Une rénovation énergétique globale est donc un projet ambitieux. Il nécessite, pour les habitantes et les habitants, d’être accompagné·e par un Espace Conseil France Rénov’ pour bénéficier de conseils gratuits, neutres indépendants et proche de chez soi. Cet accompagnement leur permet souvent de mieux cibler les différents travaux à réaliser ayant un réel impact énergétique, et d’éviter les mauvais choix, les pièges, et les arnaques. Pour que ces projets puissent être mis à la portée des ménages aux revenus modestes et intermédiaires, le réseau Cler a toujours soutenu une demande de hausses des montants des aides MaPrimeRénov’ tout comme des plafonds de prise en charge. Aujourd’hui, à cause d’une politique du stop and go et de baisse de moyens alloués à la rénovation énergétique, certains ménages vulnérables ne peuvent mener des travaux ambitieux car ils se retrouvent avec un reste à charge trop élevé. Alors que les prix des énergies augmentent, ces ménages sont donc pris au piège dans le cercle vicieux de la précarité énergétique.

Le réseau des acteurs de l’efficacité énergétique

Le réseau Cler rassemble une centaine d’acteurs qui agissent en faveur de l’efficacité énergétique et pour accélérer la rénovation énergétique des bâtiments. Il s’appuie sur l’expertise des Espaces Conseils France Rénov’ qui accompagne les particuliers dans leurs projets de rénovation énergétique.  

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Une politique publique qui se bâti sur le temps long

Ces dernières années, de nombreuses avancées ont été obtenues dans les politiques publiques pour encourager la rénovation énergétique globale des logements. Au niveau européen notamment, la directive sur la performance énergétique des bâtiments fixe un objectif de réduction des émissions de CO₂ dans le bâtiment de 60 % en 2030 et de décarbonation de l’intégralité du parc d’ici 2050. Cette même directive introduit (article 9) des normes minimales de performance énergétique à atteindre d’ici 2030 et 2033 pour le non-résidentiel.

La France, quant à elle, reste un pays moteur à l’échelle européenne en matière de rénovation énergétique. Avec la loi Climat et Résilience de 2021, elle a introduit la performance énergétique parmi les critères de décence des logements, notamment grâce à la mobilisation du collectif Rénovons, coordonné par le réseau Cler. Ainsi depuis 2022, les loyers des logements en location classés F et G sont bloqués. Depuis 2025, ces mêmes logements font l’objet d’une obligation de rénovation énergétique pour être mis en location. Seront ensuite concernés les logements classés les F en 2028, et les E en 2034. Alors que cette mesure est une avancée majeure dans la lutte contre la précarité énergétique et le droit des locataires, elle est très souvent remise en cause par les gouvernements successifs.

En 2023, le Secrétariat Général à la Planification Écologique préconisait de mener 600 000 rénovations énergétiques globales par an d’ici 2030. En 2024, la réforme ambitieuse du dispositif MaPrimeRénov’ avec son parcours accompagné a permis d’encourager la dynamique. Mais la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC 3) de 2026 fait dégringoler cet objectif à 250 000, alors que l’état du bâti ne s’est pas amélioré depuis. Dans le même temps, les objectifs gouvernementaux se sont réorientés vers un grand plan d’électrification du chauffage dans les logements, le gouvernement souhaite installer 850 000 pompes à chaleur chaque année d’ici à 2030. Bien que la décarbonation des systèmes de chauffage soit une nécessité pour la décarbonation du chauffage dans les logements, l’électrification seule ne permettra pas d’améliorer les conditions de vie et de faire reculer la précarité énergétique.

Défendre une politique publique de rénovation énergétique avec le collectif Rénovons

Alors qu’une tendance de fond est à l’abandon de la politique publique de rénovation énergétique, le réseau Cler continue de se mobiliser en produisant de l’expertise en lien avec ses structures adhérentes et en mettant en lumière les avancées comme les difficultés de terrain pour défendre une politique publique de rénovation énergétique ambitieuse et couplée à des moyens adaptés. L’association travaille notamment en collectif en coordonnant le collectif Rénovons pour rendre la rénovation énergétique globale accessible à toutes et tous.

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