Transition juste et territoires
Les territoires sont en première ligne pour mener la transition énergétique : plans de sobriété, politiques ambitieuses de rénovation énergétique, développement des énergies renouvelables, lutte contre la précarité énergétique, solutions de mobilité durables et inclusives, adaptation au changement climatique, nouveaux paysages de la transition énergétique, etc. En s’appuyant sur des coopérations fortes entre les acteurs locaux et en faisant le pari de la démocratie, les dynamiques de transition créent des espaces de bien-vivre, de cohésion et renforcent la résilience des territoires face aux crises.
Le rôle clé des territoires dans la transition énergétique
Qu’ils soient ruraux ou urbains, les territoires sont les principaux acteurs de la transition énergétique. Ils détiennent des richesses immatérielles et disposent de ressources naturelles renouvelables comme le vent, le soleil, les nappes et les sols ou encore la biomasse, qui permettront de sortir durablement de la dépendance aux énergies fossiles. C’est une échelle d’action privilégiée pour mettre en œuvre la transition énergétique dans toutes ses dimensions : réduction des consommations d’énergie, lutte contre la précarité énergétique d’hiver et d’été, développement des énergies locales et de la mobilité durable et inclusive, etc.
Quelques chiffres sur la transition dans les territoires
emplois sont à créer dans la filière du bâtiment dans les intercommunalités rurales d’ici 2030 pour atteindre les objectifs de rénovation énergétique.
d’ingénierie territoriale sécurise 117€ d’investissement public.
Il faudrait doubler les investissements des collectivités locales pour être raccord avec les objectifs climat inscrits dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC).
Sources : Les emplois de la transition écologique dans les territoires ruraux du Réseau Action Climat en 2026, L’ingénierie territoriale, une aubaine pour les territoires (et pour la France !) publiée en 2022 par la Scet, filiale de la Caisse des Dépôts, Collectivités : les besoins d’investissements et d’ingénierie pour la neutralité carbone, publiée en 2022 par I4CE.
Une transition possible grâce à la coopération
Pour réussir, la transition énergétique territoriale doit être collective et inclusive. En impliquant les collectivités, les citoyen·nes, les entreprises, les associations et les opérateurs énergétiques, il est possible de co-construire des solutions adaptées aux réalités locales. Chaque territoire a ses spécificités, c’est pourquoi il est primordial de faire dialoguer les acteurs de la transition énergétique avec d’autres acteurs comme ceux du patrimoine, du paysage et de la biodiversité. Par exemple, la commune de Loos-en-Gohelle, ancienne ville minière et membre du réseau des Territoires à énergie positive (TEPOS), a su se réinventer en associant la population locale au cœur de sa démarche de transition. Grâce à un Plan solaire citoyen et à la création de la SAS Mine de Soleil, portée par la commune, des entreprises et des citoyen·nes, elle a équipé ses bâtiments publics de panneaux solaires, créant une dynamique collective et un effet d’entraînement.
La coopération se pense aussi entre les territoires, qui ont des réalités différentes en termes de besoins énergétiques et de ressources locales. En réduisant au maximum ses consommations d’énergie et en exploitant son potentiel de production d’énergie renouvelable, un territoire peut approvisionner des territoires voisins dans une logique de solidarité territoriale.
Paysages de la transition énergétique
La transition énergétique est au cœur des paysages. Le réseau Cler favorise l’émergence d’une culture commune entre les professionnel·les du paysage et de l’énergie et sensibilise les acteurs de la transition énergétique aux bénéfices de l’approche paysagère pour la conduite des projets dans les territoires.
La nécessité d’un besoin d’ingénierie territoriale
Les collectivités territoriales ont besoin d’ingénierie territoriale et d’accompagnement par des professionnel·les compétent·es pour mener la transition écologique et énergétique de leur territoire avec le soutien financier de l’État. Cependant, les collectivités locales font face à des crises systémiques et à des contraintes budgétaires. Elles doivent donc se réinventer pour maintenir la qualité des services publics et permettre aux territoires ruraux de garder leurs capacités de développement.
Les bénéfices de la transition énergétique territoriale
La transition énergétique a pour objectif d’améliorer le quotidien des habitants et habitantes. Elle est faite par et pour les territoires car c’est en étant au plus près des personnes qu’on peut répondre à leurs préoccupations comme l’alimentation durable, pouvoir se déplacer, vivre dans un logement décent et se réapproprier l’énergie. La transition énergétique pensée et conduite localement est source de nombreux bénéfices pour les territoires, qui deviennent ainsi plus robustes face aux crises et y trouvent des opportunités de développement. La production relocalisée d’énergies renouvelables est créatrice d’activités, d’emplois et de richesses, d’autant plus si elles s’appuient sur l’utilisation de ressources, matériaux et savoir-faire locaux. Les collectivités qui mènent une politique de transition énergétique territoriale ont une santé financière plus stable sur le long terme.
Comment agir pour la transition énergétique territoriale ?
Animé par le réseau Cler, le réseau des Territoires à énergie positive (TEPOS) a été créé en 2011 à l’initiative de territoires et d’acteurs pionniers de la transition. Les territoires membres construisent leur trajectoire vers la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le 100% d’énergies renouvelables produites localement d’ici 2050. Ils abordent la question de l’énergie dans une approche globale de développement local intégrant les enjeux économiques, sociaux, démocratiques et environnementaux, et adaptée aux ressources spécifiques du territoire.