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À Valdallière, les haies bocagères nourrissent la transition énergétique 

Reportage Énergies renouvelables locales
Publié le 26 octobre 2026

Dans le Calvados, la commune nouvelle de Valdallière s’appuie sur son bocage pour chauffer ses bâtiments publics. Cette filière locale de bois-énergie est née d’un programme de replantation engagé il y a près de trente ans. En redonnant une valeur économique aux 300 kilomètres de haies replantés, la collectivité entend assurer leur avenir. Une démarche pionnière qui pose aussi la question de la gestion durable de cette ressource.

Une filière locale de bois-énergie pour chauffer les bâtiments publics

Après avoir entrepris, dès 1997, de réparer un bocage malmené par le remembrement, Valdallière trouve, au début des années 2000, un nouveau débouché pour ses haies : le bois-énergie. La commune utilise le bois issu de la gestion des haies bocagères pour chauffer les équipements publics. Le complexe sportif et sa piscine sont les premiers à franchir le pas. Jean Pavie, directeur général des services de Valdallière, estime les économies à quelque 100 000 euros par an, selon le prix du fioul. Depuis 2021, un second réseau alimente des écoles, une résidence autonomie et le siège de la commune à Vassy.

La collectivité fait aussi le choix d’une filière locale. Le bois provient du territoire et elle le rachète à celles et ceux qui gèrent les haies, les agriculteur·ices à 70 euros hors taxes la tonne verte. « C’est cela, le circuit court : c’est avantageux économiquement pour la collectivité, mais aussi rémunérateur pour le ou la producteur·ice et l’agriculteur·ice. Il est important de garder ce lien-là », insiste Jean Pavie.

La filière est compatible et même nécessaire, à condition qu’il y ait un encadrement lié à la préservation de la ressource, avec une gestion durable garantie et vérifiée.
Paule Pointereau Responsable stratégie et projets au Réseau Haies France

Préserver les haies bocagères grâce au bois-énergie durable

Ce lien, la commune a choisi de le cultiver en gardant la maîtrise de la filière, en régie. Elle organise les chantiers de coupe, l’approvisionnement et le stockage du bois, mais surtout, elle accompagne les agriculteur·ices. Sa technicienne va à leur rencontre, explique les pratiques, revient parfois plusieurs fois avant qu’un projet aboutisse. « La régie est essentielle et ça marche grâce à l’animation : c’est la colonne vertébrale de l’opération », souligne Jean Pavie. Son conseil aux élu·es pour passer le cap de la filière bois-énergie est de construire en priorité une filière locale d’approvisionnement, avant d’installer la chaudière. Pour produire une énergie véritablement locale, encore faut-il disposer d’une ressource mobilisable sans l’épuiser.

Pour Paule Pointereau, responsable stratégie et projets à Réseau Haies France, la valorisation du bois peut contribuer à préserver un patrimoine bocager vieillissant et fragilisé. « La seule manière de faire conserver les haies dans l’espace agricole, c’est que l’agriculteur·ice retrouve un intérêt économique », rappelle-t-elle. Cependant, il faut préserver la ressource des coupes excessives ou mal réalisées qui peuvent compromettre la repousse des haies. Comme le rappelle Jean Pavie, il faut veiller à ne prélever que ce que les haies peuvent produire naturellement, sans entamer leur capital. Le développement des chaufferies doit donc s’accompagner de garanties sur les pratiques et les volumes prélevés. C’est précisément l’ambition du Label Haie, qui certifie les pratiques de gestion durable et accompagne leur amélioration progressive. « C’est le meilleur moyen de poser les garanties et de les prouver », explique Paule Pointereau. Pour elle, l’essentiel est de fixer un cap, avec des objectifs progressifs de bois certifié dans les approvisionnements. À Valdallière, la haie n’est plus seulement un paysage à préserver, elle est devenue une ressource qui redonne de la valeur au territoire.

Nous travaillons beaucoup en régie parce que c’est un chemin de cohérence. Le fait de travailler en régie nous a amenés à travailler sur un programme complet, de la plantation à la valorisation.
Jean Pavie Directeur général des services de Valdallière