Sobriété énergétique
Dans un contexte où les ressources sont limitées, la sobriété consiste à nous questionner sur nos besoins, le sens de nos usages, et à les satisfaire en limitant leur impact sur l’environnement. La sobriété est une démarche qui permet de façonner d’autres modes de vie, individuels et collectifs, pour réduire nos consommations, gagner en autonomie, en résilience et diminuer la pression sur les ressources naturelles limitées.
Elaborer de nouveaux modes de vie
Depuis la fin du XIXe siècle, la température moyenne terrestre a considérablement augmenté. À l’heure où les scientifiques considèrent que le réchauffement ne pourra pas être contenu sous les 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, il est plus que jamais temps de renforcer l’ambition des politiques de sobriété. Parmi la panoplie des leviers d’atténuation du changement climatique, la sobriété permet de réduire les consommations d’énergie et de ressources naturelles en agissant directement sur les besoins et les usages.
Selon le modèle du doughnut de l’économiste britannique Kate Raworth nous devons défendre un modèle de développement qui préserve un espace sûr et juste pour l’humanité qui respecte le plafond écologique qu’imposent les limites planétaires autant que le plancher social que requiert la satisfaction des besoins fondamentaux. Une politique de sobriété juste est une politique qui a un effet positif ou neutre sur la réduction des inégalités sociales. C’est en conciliant justice sociale et transition écologique que nous pourrons élaborer de nouveaux modes de vie plus sobre et juste.
Quelques chiffres sur la sobriété
des Français et des Françaises considèrent que les gouvernements devraient privilégier en priorité la protection de l’environnement à la croissance économique.
C’est le montant annuel d’économies sur les importations de gaz et de pétrole que permettrait un plan sobriété de court terme ambitieux.
Sources : Baromètre Sobriétés et Modes de vie de l’ADEME 2024 et le rapport sur La souveraineté à l’épreuve des faits du Réseau Action Climat en 2026
Organiser la sobriété collective
Une démarche de sobriété doit nécessairement être collective et démocratique, et associer les pouvoirs publics, les entreprises, les citoyens et les citoyennes. Ce sont bien les services publics, les entreprises, l’aménagement du territoire, et non la seule volonté des individus, qui doivent créer les conditions de modes de vie sobres. Ainsi les politiques de sobriété génèrent des effets positifs au-delà des économies d’énergie ou de ressources. Ces co-bénéfices en termes d’économies financières, de lien social, de santé, de qualité de l’eau et des sols ou encore la réduction des pollutions plurielles permettent de faciliter l’adhésion générale de la population.
Par exemple, la ville de Lyon a créé une charte en 2022 pour inciter les commerçants et commerçantes à mettre en place des gestes simples et efficaces afin de réduire leur consommation énergétique. De nombreux villes comme Rennes ou Poitiers ont aussi mis en œuvre des politiques temporelles à travers les bureaux des temps pour reconfigurer les rythmes sociaux ainsi qu’optimiser l’usage des bâtiments et espaces publics. La Bretagne a également adopté en 2020 une stratégie de sobriété numérique en investissant dans des services numériques et du matériel informatique durable. Ces politiques de sobriété permettent ainsi d’engager une inflexion durable des consommations d’énergie et de ressources naturelles mais surtout de faire face à des crises conjoncturelles comme les crises énergétiques et la course aux matières premières.
Comment renforcer la sobriété dans les politiques publiques ?
Pour réussir ces transformations, la sobriété doit être porté politiquement à tous les niveaux comme un levier légitime et émancipateur de la transition énergétique et écologique. Pour y parvenir, le réseau Cler et Virage Énergie animent depuis 2023 le réseau Sobriété avec le soutien de l’ADEME. Il regroupe plusieurs centaines de professionnel·les issus des collectivités territoriales, des institutions parapubliques, du monde associatif ou universitaire. Ce réseau a pour objectif de renforcer la place de la sobriété dans les politiques publiques et de favoriser la montée en compétences collective.